Glastonbury, l'ancienne Avalon
Glastonbury est une petite ville d'environ 10.000 habitants, située dans le Somerset, en Angleterre, à 50km au sud de Bristol.
L'île au milieu des marécages
Surplombée par le Tor, la colline sacrée, Glastonbury se tient sur une ancienne île (en fait un isthme), l'Ile d'Avalon.
A l'ouest de Glastonbury, les Somerset Levels, une terre de marécages en grande partie asséchée, furent drainés à partir de 1620 sous l'impulsion du tsunami de 1607. Jusqu'alors Avalon était isolée, un endroit à part. Les Levels abritent de nos jours plusieurs réserves naturelles où les hérons, les cygnes, les oies sauvages, les canards règnent en maîtres et qui accueille des vagues entières d'étourneaux sansonnets en hiver .
Bien avant l'époque chrétienne, Avalon était le foyer d'un collège druidique et elle abritait un des trois chœurs perpétuels d'Angleterre comme le mentionnent les Triades Celtiques. Les deux autres étaient sur les îles d’Anglesey et d’Iona. Si l'on remonte encore davantage dans le temps, c'était un centre mégalithique tel Avebury ou Stonehenge. Les traditions millénaires, affiliées à la Déesse survécurent à travers le Moyen Age, et sont réapparues aujourd'hui sous une forme nouvelle - les femmes jouent un rôle prédominant en ville.
Joseph d'Arimathie
D’après la légende, Joseph d’Arimathie, l'Essénien qui avait offert sa tombe à Jésus, vint se réfugier à Glastonbury - alors nommée Ynis Witrin - après la Crucifixion. Il débarqua à Wearyall Hill, où il planta son bâton, qui prit racine et devint un arbre, présage que cet endroit serait le bon.
Il y a plusieurs aubépines (Crateagus Monogyna Praecox) à Glastonbury, les rejetons légendaires du bâton planté par Joseph. Les plus célèbres se trouvent à Wearyall Hill et dans l’enceinte de l'Abbaye. Cette espèce, qui pousse normalement au Liban, fleurit début Janvier et porte à la fois les fruits et les fleurs, évoquant ainsi un symbole puissant : la vie et la mort en même temps.
Les Celtes qui vivaient là avaient un dieu nommé Esus qui mourait et revenait à la vie. Quand ils entendirent Joseph parler de Jésus, ils y virent le retour d’Esus et ils offrirent à Joseph une partie d’Ynys Witrin. Joseph et ses 12 compagnons y construisirent la première église chrétienne.
Au Moyen Age, l'abbaye de Glastonbury devint un des lieux de pèlerinage les plus importants d'Europe et la ville se développa. La Chapelle St Mary, le point le plus occidental de l’Abbaye, marque le site de l’église originelle de Joseph. Chrétienne pendant cinq siècles avant Canterbury, Glastonbury devint la «terre la plus sainte» d'Angleterre. Le roi Arthur et Guenièvre y seraient soi-disant enterrés et de nombreux Saints y vécurent - Patrick, David, Brigitte, Bénédicte, Dunstan.
L'abbaye de Glastonbury fut finalement détruite en 1539 pendant la purification culturelle sous le règne d'Henri VIII : la dissolution des monastères.
Une population 'alternative'
Depuis 1900, un nombre grandissant de visionnaires, d'occultistes, d'artistes, de musiciens, de guérisseurs et d'autres personnes uniques en leur genre y ont emménagé. Depuis les années soixante, une nouvelle génération est arrivée, les 'alternatifs', qui forment aujourd'hui 30% de la population.
Aujourd'hui, c'est un centre spirituel cher aux esprits indépendants tout comme aux Chrétiens - un centre multiconfessionnel où se retrouvent des Protestants, des Catholiques, des Orthodoxes celtiques et des Chrétiens libres penseurs, des Spiritualistes, des Bouddhistes, des Krishna, des chamans, des dévots de la Déesse et encore bien d'autres esprits libres.
Nombreux sont les visiteurs qui se souviennent de Glastonbury bien après leur venue et bien plus nombreux encore sont ceux qui y reviennent régulièrement.
Les Lieux Sacrés de l'ancienne Avalon
Bride's Mound est une petite butte à l’ouest de Glastonbury, à Beckery, juste au pied de Wearyall Hill. Petite par la taille sans doute, mais son histoire est grande, car la légende dit que c’est une entrée d’Avalon et que le chemin processionnel, qui mène au sommet du Tor, y débutait. Récemment, les prêtresses de la Déesse ont proposé que soit reconstruit un sanctuaire à cet endroit.
Les jardins du Chalice Well (le Puits du Calice)
Les eaux rouges chargées de fer de ce puits sacré sont fort connues pour leurs propriétés curatives et pour leur lien avec la Terre Mère. Elles ne se sont jamais taries, et la source a été maintes fois la seule source active de Glastonbury lors des sécheresses de 1921-22 et plus récemment au début des années 90.
La vesica pisces sur le couvercle de Chalice Well fut dessinée par celui qui mit à jour les ruines de l’Abbaye, Frederick Bligh Bond. La vesica pisces est un symbole géométrique sacré dans lequel la circonférence d’un cercle passe par le centre de l’autre cercle. La partie centrale est appelée vesica. Elle symbolise l’entremêlement des principes mâle et femelle, de la lumière et des ténèbres.
Le Tor est ancien, l’archéologie moderne est d’accord avec le folklore sur ce point. Il y a plusieurs milliers d’années, le Tor aurait été une des sept îles émergeant après une grande inondation. Les légendes racontent que le sommet portait un cercle de pierres comme à Stonehenge.
Une indication physique de ce qui a pu être un antique rituel se trouve dans le chemin terrassé qui forme une spirale autour du Tor. Bien qu’il soit aujourd’hui très abîmé, on peut encore le suivre. Des études scientifiques estiment qu’il a pu être tracé il y a 4 ou 5000 ans, à peu près à la même époque que Stonehenge.
Geoffrey Russell puis Geoffrey Ashe ont avancé l’idée que les terrasses du Tor sont les restes d’un labyrinthe néolithique, un chemin cérémoniel dédié à l’ancienne Déesse britannique.
Depuis que cette signification a été suggérée, plusieurs milliers de personnes ont parcouru le chemin processionnel, ce qui n’est pas une mince affaire puisqu’il faut entre 4 et 6 heures d’efforts physiques et de concentration pour entrer et ressortir du labyrinthe.
Le sommet du Tor fut aplani au Xe ou au XIe siècle pour y bâtir une église de pierre. Au début de XIIe siècle, une chapelle St Michael de Torre fut édifiée. Le 11 septembre 1275, il y eut un tremblement de terre et la chapelle s’écroula. Une autre église fut construite en 1323 dont la tour (qui est tout ce qui reste) date du XIVe siècle.